Depuis presque 2 ans que je traîne mes guêtres par ici, il est peut-être temps que je vous raconte un peu ce que je
fais de mes journées...
Hormis le fait que je suis la reine des lasagnes, que j'aime la bière et le rock n'roll, que ma couleur préférée est le rouge et que j'ai un chat-panzé semi sauvage comme animal de compagnie, que j'ai la poisse quand je prend le train et que je ne peux pas me passer longtemps du chaud soleil de ma Provence natale, figurez vous que mon activité quotidienne principale (lorsque je ne suis pas obligée de m'adonner à des activités professionnelles parfois peu réjouissantes pour remplir mon figo) consiste à (essayer de) faire une thèse.
Eh oui, je fais partie de ces innombrables thésards qui, pour la plupart des gens, cherchent des trucs qui "ne servent à rien"... eh oui, je fais une thèse en histoire de l'art.
Malgré le fait évident que mes travaux ne vont pas changer la face du monde, guérir des maladies orphelines ou aider à maintenir la paix dans le monde, eh bien j'ai au moins la chance de faire chaque jour quelque chose que j'aime... et ca, ca n'a pas de prix !
Alors voilà, je fais une thèse. Bon, jusque là tout va bien (ou presque). C'est un peu le parcours du combattant, surtout quand a eu la "chance" que j'ai eu d'avoir un léger différend avec son directeur de thèse quant à la propriété intellectuelle de ses propres travaux. Hum, je vous fait pas un dessin... J'ai donc du tout recommencer à zéro il y a 3 ans maintenant. Youpi !
Spécialiste de sculpture du XVIIe siècle, je travaille actuellement sur les relations entre la Provence et la Ligurie dans ce domaine. Plus précisément, j'étudie la place de la sculpture génoise en Provence à l'époque moderne, les voyages de sculpteurs, pourquoi on leur commande des oeuvres plutot qu'à des artistes locaux, etc.
Parallèlement à cela, le phénomène inverse m'intéresse aussi puisque j'ai travaillé là-dessus
pendant 4 ans (c'était le sujet de ma première tentative de thèse) et plus généralement les sculpteurs provençaux des XVIIe et XVIIIe siècles et leur rapport avec l'Italie (oui je suis pas la
reine des lasagnes pour rien, ce sont mes origines qui parlent là !) mais aussi le travail du marbre (carrières de Provence).
J'y reviendrai plus tard, dans d'autres articles (sur mes recherches, pas les lasagnes), pour vous faire partager les
joies et les galères de mes virées aux archives, avancées et autres grands moments de Vis ma vie de thésarde
PS : Bon, après si ca vous gonfle, n'hésitez pas à vous manifester
Ah tiens quelques liens sympas pour ceux qui sont dans le même cas que moi :
- La guilde des doctorants (pas mis à jour depuis 2009, dommage)
- Le journal d'un thésard, blog relatant la vie d'un doctorant au quotidien
- le génialissime Thèse de merde, mon préféré, un bon moment de détente (et ca rassure de voir qu'on n'est pas tout seul dans la galère !)
ou "Quand enseigner devient un enfer... un prof témoigne"
Bon alors pour être claire d'entrée, je sais que je risque de pas me faire que des amis avec cette critique, mais j'assume !
J'espérais, en commençant ce livre, que pour une fois on allait éviter (vu que c'est une jeune prof qui écrit) les stéréotypes du genre, la stygmatisation des profs, la globalisation du ras-le-bol ou la diabolisation des élèves... non, bon, admettons.
Il est évident, à travers cette lecture mais aussi les rencontres, les discussions, expériences personnelles, etc, que le métier de prof est loin d'être évident. Tous les problèmes évoqués dans ce livre sont malheureusement une réalité. Jusque là nous sommes d'accord...
Charlotte Charpot parle beaucoup de la situation en Belgique (c'est un peu effrayant), beaucoup plus que de ce qu'elle a vécu durant ses premières années d'enseignement en France.
Je trouve dommage qu'au bout de quelques chapitres on tourne un peu en rond avec 3-4 idées de départ qui sont tournées et retournées dans tous les sens, du point de vue du prof français, du prof belge, des syndicats, etc :
- bouh je suis prof je suis mal payé je suis malheureux (c'est bien connu qu'il n'y a que les profs qui sont sous-payé par rapport à leur niveau d'études... parole de doctorante gagnant le SMIC quand elle a la chance de trouver un job)
- bouh les élèves ils sont méchants (bon là ok, c'est la partie la plus tendue du boulot de prof que de se retrouver devant des ados sauvages toute la journée)
- tout le monde est injuste avec nous et personne nous écoute (t'as lu Pierre et le loup ?)
- nos conditions de travail sont super dures et personne peut comprendre, pi c'est mieux dans le privé, ils ont de la chance EUX (c'est bien connu, l'herbe est toujours plus verte chez le voisin)
Bref, pour résumer, je trouve que ce livre manque un poil de recul. On sent parfaitement la souffrance de cette prof de français, tiraillée entre l'envie de bien faire son travail et les difficultés du terrain auxquelles elle est confrontée jour après jour sans y avoir été préparée, certaines idées sont intéressantes et mettent le doigt sur ce qui pose problème dans l'éducation aujourd'hui.
Cependant, pour celui ou celle qui n'a pas été confronté à des hordes d'ados ou de pré-ados en pleine rébellion, à la violence verbale et physique quotidienne ou à toutes ces choses qui font le quotidien de l'enseignant, pas suffisement d'exemples concrets. En gros, je pense que ce livre est écrit par une prof pour des profs (qui connaissent donc tout ce qui est décrit ici et n'ont pas besoin qu'on le leur explique).
Alors avant de me faire tabasser en règle, je voudrais juste apporter une nuance à quelques petites choses. J'y ai bossé dans l'Education Nationale, pendant plusieurs années (et principalement dans des établissements pas faciles faciles), et je vous assure que oui des profs qui trouvent encore du plaisir à exercer leur métier il y en a, que non ce ne sont pas des extra-terrestres, que oui ils ont à affronter des classes difficiles, la violence et tout le reste et que non ce n'est pas la seule solution que de s'asseoir sur une pierre et pleurer en espérant que ca va finir par passer et s'arranger tout seul !
Ah pi tiens au passage, malgré que je n'aie pas eu la "bonne" couleur de cheveux, la "bonne" tenue ou la "bonne" attitude
bien sage et policée, ca ne m'a jamais empêché de bien faire mon job et je n'ai jamais eu de problème avec ca. J'ai eu de la chance ? peut-être... toujours est-il que des profs toutes de cuir
vêtues arrivant sur un bolide à 2 roues, piercées et tatouées j'en ai vu, des profs aux vêtements colorés et évitant soigneusement le look vieille poussiéreuse acariâtre j'en ai vu aussi... alors
par pitié, messieurs, mesdames les profs, le déguisement n'est pas obligatoire je vous assure ! Un peu de couleur égaiera vos matins chagrins
Contrairement à ce que certains pensent (ou essaient de nous faire croire), on ne devient pas prof par dépit, enfin il me semble hein, ou parce qu'on ne sait pas faire autre chose. Charlotte Charpot insiste d'ailleurs plusieurs fois sur ce point et c'est une bonne chose ! Du coup, j'en profite pour citer un passage de ce livre qui résume parfaitement ma pensée et qu'il serait bon de rappeler à ceux se laissent entraîner au fond du gouffre, qui n'y arrivent plus mais qui insistent :
"Depuis quelques jours, je pense qu'il est singulier qu'aussi peu d'ensignants malheureux et mal payés songent à changer de branche d'activité. Ils se plaignent tous mais force est de constater une inertie générale qui ne leur donne pas la détermination d'appliquer leurs idées"
4e de couverture :
Jeune enseignante, Charlotte Charpot est parachutée pour sa première affectation dans la banlieue de Nîmes. Rien ne lui sera épargné : élèves insolents, caillassage de voiture et indifférence de
leurs supérieurs. Après sa mutation à Bruxelles, les choses sont pires. La voilà plongée dans la réalité du "flexi-prof" qui enseigne aussi bien le français que l'histoire au milieu des insultes
proférées par les élèves... ou les parents.
Derrière cet intinéraire malheureusement banalisé se cache la voix de centaines de professeurs en désarroi. Au-delà de ses désillusions personnelles, l'auteur dénonce la violence interne de
l'Ecole : violence de l'abandon des enseignants par leur hiérarchie, violence verbale et physique des élèves, violence des réformes politiques mal adaptées...
Comment survivre dans de telles conditions ?
Ma note : 2/5
Le costume paysan
Quelle que soit la région, dès que l'on commence à parler de costume traditionnel, la plupart des gens pensent "déguisement", grand tablier et coiffe sur la tête à la Petite maison dans la prairie.
En Provence comme ailleurs, c'est beaucoup plus complexe que cela !
Il y a différentes sortes de costumes correspondant tout d'abord aux différentes époques mais aussi et surtout aux
différentes classes sociales.
Posons tout d'abord que le costume traditionnel provençal que l'on peut voir dans la plupart des groupes folkloriques sont
des reproductions (ou des originaux pour les chanceux) de vêtements portés dans les années 1820.
Petit point rapide aujourd'hui sur le costume paysan. On va commencer tranquillement par la liste des "pièces" composant la tenue féminine. On ne trouve dans ce type de costume de tissus dits "riches" comme soies, tafetas, etc, ni riches dentelles. Comme son nom l'indique il s'agit des habits d'une population rurale travaillant principalement dans le domaine agricole donc : pas de fioriture !
pour le bas,
- chaussettes colorées, rayées ou unies
- panti rayé
- jupon rayé
- jupe rayée le plus souvent
- tablier en tissu simple, assez grand pour avoir des poches (l'autre option c'est d'avoir des poches amovibles sous la jupe)
Pour le haut,
- chemise blanche à manches 3/4 sans ornements particuliers (pas de dentelles par exemples) avec au mieux les initiales brodées
- corsage lacé devant blanc ou en couleur
- fichu coloré
- coiffe à large bord, le plus souvent en piqué
On rajoute à tout ça un châle ou une cape pour l'hiver et/ou un chapeau de paille (jaune ou noire selon l'âge et le statut marital) pour s'abriter du chaud soleil d'été lors des travaux des champs, à porter sur la tête ou dans le dos
... à suivre...
Profitant du mois de janvier exceptionnellement chaud et ensoleillé auquel nous avons droit cette année dans ma belle
Provence, j'ai décidé la semaine dernière de retourner au Fort de Buoux, superbe site que j'avais visité étant enfant avec mes parents.
Eh bien... j'ai retrouvé les mêmes sensations ! Il faut dire que dès que je me trouve au milieu des arbres et des cailloux
je suis heureuse (je me satisfait de pas grand chose finalement
)
Revenons à nos moutons...
Le fort de Buoux se situe sur un grand plateau au coeur du Luberon, site occupé du paléolithique au XVIe siècle et surtout
conservant des vestiges d'époques très différentes en un même endroit.
Pas de sens de visite, pas de barrière ni de quoi que ce soit, tout juste quelques pancartes pour se repérer sur le plan donné à l'entrée. Par conséquent, il vous faut pour cette visite de bonnes chaussures (il faut un peu crapahuter par endroits, surtout si vous êtes comme moi et que vous aimez bien aller farfouiller dans les cailloux, les grottes et autres lieux éloignés du "chemin") et surtout de bons yeux pour faire attention où vous mettez les pieds ! La visite est d'ailleurs déconseillée aux jeunes enfants et aux personnes âgées (sauf si vous voulez vous en débarasser mais c'est une autre histoire...) car assez dangereuse par endroits.
Vous voilà donc partis sur le chemin de l'histoire !
Avant même l'entrée dans le fort à proprement parler, un abri sous roche impressionnant donne le ton avec quelques traces d'occupation préhistorique. Une petite grimpette gentillette plus tard, l'entrée du site où il vous faudra vous acquitter de la modique somme de 5 € en tarif plein et surtout, je dis bien surtout, NE PAS ECOUTER la gentille dame qui vous conseillera de redescendre par "l'escalier dérobé" (sauf si vous êtres très aventureux et casse cou ou que vous voulez finir au fond d'un ravin...)
Tout au long de la visite vous découvrirez des vestiges gallo-romains (chemin d'accès, habitations, silos, murs de barrage,
citernes), puis médiévaux (habitations, église, tour de garde, maison commune, maison forte, etc) puis un peu plus tardifs (remparts, une partie de la forteresse, donjon, etc).
La première demande de démolition de la citadelle sera demandée en 1587 mais ce ne sera que quelques décennies plus tard, dans les années 1660 sous le règne de Louis XIV que le site sera définitivement abandonné.
Infos pratiques :
Ouvert tous les jours du lever au coucher du soleil, sauf lorsque les conditions climatiques sont défavorables (pluie, brouillard, neige, etc)
Droit d'entrée : 5€ en tarif plein / 3€ en tarif réduit
Accès : le fort de Buoux se situe à proximité de la route allant d'Apt à Lourmarin. En provenance d'Aix ou Marseille : suivre Pertuis - Cadenet - Lourmarin - Apt.
Ah pi allez y le ventre plein ou en ayant prévu un pique-nique parce que dans les alentours, hormis aller jusqu'à Apt, il n'y a pas lourd pour se sustenter
- "Sculpteurs et marbriers : les Veyrier et la carrière de Trets", Provence Historique, tome LX - fasc. 239, janvier mars 2010, pp. 67-79
- "Des berges de la Garonne à la construction du magasin des Marbres du Roi à Bordeaux", Bulletin monumental (chronique), n°169-1, 2011, p. 81
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