La pureté du marbre...

Vendredi 22 octobre 2010 5 22 /10 /Oct /2010 08:24

Comme tout sculpteur, Bernin a reçu de nombreuses commandes de bustes. Particuliers, papes et autres riches commanditaires ont rivalisé d'imagination pour convaincre l'artiste de les sculpter. Comme d'habitude, je ne peux pas présenter tous les bustes réalisés par le Bernin, ce serait trop long...

 

Après les collections Borghèse, les extases, fontaines et oeuvres présentes à St Pierre de Rome, une petite sélection de bustes de Gian Lorenzo Bernini :

 

Anima beata et anima dannata (1619)

[Palazzo di Spagna, Rome]


anima_beata_devout_soul_hi.jpg

bernini_anima.jpg

  Ces deux bustes ont été faits pour être présentés ensemble. Ils sont des images des tourments de l'âme humaine et de leur expression à travers la déformation des traits du visage.

 

 Ils ont été réalisés pour Mgr Montoya, un prélat espagnol. Bernin a eu beaucoup plus de facilité à représenter la damnation éternelle que la béatitude. Le buste féminin semble plus fade que l'autre.

Pour la petite histoire, la légende veut que Bernin aurait utilisé son propre visage pour le buste masculin, déformé par la douleur qu'il se serait infligé lui-même en gardant sa main au-dessus d'une bougie allumée

 

 

imageserver.jpg

Urbain VIII (1632)

[Palais Barberini / Musée des Beaux-Arts d'Ottawa]

 

 

Maffeo Barberini, devenu le pape Urbain VIII, est un des mécènes préférés de Bernin.

Il en existe également deux versions en marbre, légèrement différentes. Ce portrait a eu tant du succès, si bien qu'un tirage en bronze a été réalisé à partir du modèle en terre cuite que l'artiste a gardé jusqu'à sa mort. Deux autres versions ont été réalisées en bronze également dans les années suivantes (aujourd'hui au musée du Vatican, au palais de Blenheim en Grande-Bretagne et au Louvre). Louis XIV était le propriétaire de l'exemplaire en bronze qui est aujourd'hui au Louvre.

 

bernini-04X.jpg

Scipione Borghese (1632) 

[St Pierre de Rome / Galerie Borghese]


Ce buste est sans doute la dernière commande d'Urbain VIII au sculpteur.

Cette pièce a une histoire particulière. Il a en effet été réalisé deux fois ! Alors qu'il était en train de sculpter le portrait du neveu du pape, Bernin se rend compte qu'une énorme veine du marbre barre le front du cardinal. Il fait alors venir discrètement un nouveau bloc de marbre et refait entièrement le buste en seulement 15 jours. Les deux bustes sont identiques jusque dans le moindre détail (excepté la veine au front).

 

 

bust_costanza_buonarelli_hi.jpg

Costanza Bonarelli (1637-1638)

[Bargello, Florence]

 

  Costanza Bonarelli était la femme d'un assistant arrivé dans l'atelier du maître en 1636 et deviendra la maîtresse du grand sculpteur. Cette liaison se poursuit pendant quelques années, au vu et au su de tout le monde jusqu'en 1639 où elle provoque un scandale. Urbain VIII impose alors au Bernin de prendre une épouse respectable. Le buste doit alors disparaître et se retrouve à Florence dans la collection du grand duc de Toscane. Contrairement à tous les autres bustes, celui-ci est beaucoup plus familier (c'est d'ailleurs plus une tête qu'un buste à proprement parler).

Il se pourrait par ailleurs que Costanza ait été le modèle de la statue de la Charité présente sur le tombeau d'Urbain VIII, sculptée du temps de la liaison.


LouisXIV-Bernini

Louis XIV (1665)

[Château de Versailles]

 

Lors de son voyage à Paris, le Bernin, appelé par Louis XIV pour concevoir un projet architectural pour le Louvre, sculpte un portrait du roi. On connaît tous les détails de la réalisation du buste grâce au récit de Chantelou. L'artiste a alors 70 ans et y travaille jusqu'à l'épuisement, pensant qu'il s'agit peut-être de sa dernière oeuvre (alors qu'il vivra encore 12 ans !). Moins de 4 mois après la commande, le buste est livré, admiré, et le sculpteur repart à Rome sous des regards malveillants. En effet, Bernin se permet des critiques sur ce qu'il voit autour de lui et cela finit par agacer le roi qui le prie de régler ses dernières affaires en cours avant de repartir dans son pays.

Le projet monumental de restructuration du Louvre ne sera jamais réalisé.

 

...à suivre...

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Vendredi 17 septembre 2010 5 17 /09 /Sep /2010 11:45

Continuons notre petit tour d'horizon (loin d'être exhaustif)

des oeuvres sculptées du Bernin...


Aujourd'hui, un petit article consacré aux oeuvres de l'artiste dans la basilique Saint Pierre de Rome. Je ne parlerai pas de toutes bien sûr (comme à chaque fois), mais voici une petite sélection de ce qui me semble essentiel pour le plaisir des yeux

 

Au cours de sa vie, huit papes se sont succédés sur le trône de St Pierre. Certains ont exploité tous ses talents quand d'autres ont fait en sorte de l'écarter (sans succès) de la scène artistique romaine.

Depuis plus de 300 ans pourtant, à peine entrés dans la basilique, l'oeuvre de Bernin nous saute aux yeux...

 

Bernini_Baldachino.jpgLe baldaquin (1624-1635) :

Structure monumentale en bronze de plus de 28m de haut prenant place à la croisée du transept, le baldaquin de GianLorenzo Bernini reste encore aujourd'hui LA référence en matière de baldaquin.

Quatre colonnes torses de bronze, ornées de feuillages de laurier dorés, s'élèvent au centre de l'édifice, posées sur des socles de marbre (pour avoir une petite idée de l'effet, quand on se trouve au pied du baldaquin, un homme de taille moyenne est tout de même plus petit que ces socles !). Dans la partie supérieure on voit des anges monumentaux aux quatre angles et sur chaque face des putti portant soit la tiare et les clés (attributs de St Pierre) soit l'épée et le livre (attributs de St Paul). Ca et là les abeilles, symbole de la famille Barberini, rappellent l'appartenance à cette famille du pape Urbain VIII, commanditaire de cette pièce.

Cette oeuvre est saisissante par sa monumentalité et la richesse de son ornementation. Rien que pour lui, cela vaut la peine du détour par St Pierre !

 

saint_71.jpgSt Longin (1629-1638) :

A la croisée du transept, là où se trouve le baldaquin, il y a quatre niches renfermant chacune une statue monumentale en marbre. L'une d'entre elles est le Saint Longin du Bernin.

Il mesure environ 4,40 m de haut (à l'échelle de l'église... immense !). Les trois autres sont Sainte Véronique de Francesco Mochi, Saint André de François Duquesnoy et Sainte Hélène d'Andrea Bolgi.

On retrouve sur cette sculpture tous les éléments essentiels de l'art du Bernin : l'expressivité des visages, les envolées baroques de draperies, le souci du détail poussé à l'extrême.

 

 

363d-Vatican--siege-papal.JPGChaire de Saint Pierre (1657-1666) :

Exemple parmi les exemples de Bel composto (en gros, conception globale d'un ensemble artistique mêlant plusieurs techniques). On trouve ici du marbre, du bronze, du bronze doré, du stuc, etc.

Cet ensemble prend place dans l'abside de la basilique. Il s'agit de la chaire de St Pierre soutenue par les Docteurs de l'Eglise (en bronze) et surmontée d'une gloire d'anges, de nuages et de rayons divins mêlant figures en stuc et en bronze. Plusieurs artistes ont travaillé à la réalisation de ce gigantesque projet berninien parmi lesquels quelques célèbres contemporains du célèbre sculpteur (Raggi, Morelli, Sassi...). Là encore, du socle au plus petit angelot, les détails sont tous de la même qualité que ce soit dans les ornements des vêtements ou les boucles des chevelures angéliques.

 

263130887_a111c41edf.jpgMonument à Alexandre VII (1671-1678) :

(Marbre blanc, travertin, jaspe sicilien et bronze). L'histoire de ce monument funéraire est un petit peu compliquée mais pour résumer : dès son accession au trône papal en 1655, Fabio Chigi (qui prendra le nom d'Alexandre VII) songe a confier le projet de sa sépulture au Bernin. Il ne fut toutefois pas réalisé et ce n'est qu'en 1667, à la mort du pape que cela fut remis à l'ordre du jour. Le nouveau pape, Clément IX, avait décidé que ce monument prendrait place dans l'église Ste Marie Majeure et ce n'est qu'à sa mort en 1670 que tout finit par rentrer dans l'ordre suivant les volontés d'Alexandre VII et les travaux débutèrent début 1671.

sculptur-4921.JPGOn y voit au centre une statue du pape lui même et de part et d'autre des allégories de la Charité et de la Vérité. Un squelette en bronze doré représentant la mort avec son sablier à la main soulève le drapé de travertin, ouvrant ainsi le passage.

Les sculptures ne sont pas de la main du Bernin, il n'est que l'auteur du projet (et des maquettes). Elles ont été réalisées par Giuseppe Mazzuoli pour la Charité, Lazzaro Morelli et Giulio Cartari pour la Vérité et Michele Maglia, Giulio Cartari et Domenico Bassadonna pour la figure du pape. La fonte de la Mort a été faite par Girolamo Lucenti.

 

 

... à suivre...

 


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Mercredi 16 juin 2010 3 16 /06 /Juin /2010 12:07

Troisième volet (et pas des moindres) de notre petit voyage dans la carrière

du Cavalier Bernin sculpteur 

   

 

Neptune et Triton :

neptune et triton

     La sculpture, commandée en 1623 par le cardinal Alessandro Peretti Montalto, était destinée à surmonter une fontaine créée par Domenico Fontana pour les jardins de la villa Montalto vers 1580.

Le jardin n'existe plus depuis longtemps et le marbre du Bernin se trouve aujourd'hui au Victoria & Albert Museum de Londres. On y voit le personnage de Triton qui souffle dans la conque (de laquelle jaillissait l'eau) dans la partie basse et Neptune tenant son trident debout au-dessus de lui.

Cette sculpture évoque d'autres fontaines sur le même thème comme le bronze de Stoldo Lorenzi dans les jardins du Boboli à Florence par exemple. La statue du Bernin n'est pas restée longtemps en place (tout juste une cinquantaine d'années) par souci de préservation.

 

 

 

La Barcaccia (Piazza di Spagna) :

     gian_lorenzo_bernini_050_la_barcaccia_1629.jpgCette fontaine, représentant une barque en train de couler, se trouve au pied des escaliers qui mènent à l'église de la Trinité des Monts sur la Piazza di Spagna. Elle est taillée dans le Travertin (une pierre calcaire blanche qui était extraite des carrières de Tivoli, à quelques dizaines de kilomètres de Rome) dans les années 1629-1630.



Fontaine-du-Triton-Rome-1999.jpg

 

La fontaine du Triton (Piazza Barberini) :

     C'est une des fontaines romaines que je préfère, alors que ce n'est ni la plus célèbre ni la plus imposante... 

Peut-être est-ce dû à la place au centre de laquelle elle est située, ou bien l'originalité de sa figure... Toujours est-il que cette fontaine a quelque chose qui me fascine !

Elle fut réalisée en 1642-1643 et présente le personnage de Triton, agenouillé dans un immense coquillage soutenu par 4 dauphins, soulevant au dessus de sa tête une conque dans laquelle il souffle, projettant le jet d'eau qui le recouvre en retombant. Bernin avait déjà travaillé ce modèle dans un projet de fontaine pour la Villa Mattei au début des années 1630.

 

 

fontaine-abeilles.jpg

   La fontaine des Abeilles (Via Veneto) :

     Cette fontaine en forme de coquille était destinée à être placée à l'intersection de la Piazza Barberini et de la Via Sistina. Celle que l'on voit aujourd'hui, sur la Via Veneto, a été en grande partie recomposée. A cause de l'usure du temps, de son déplacement, etc, seul un tout petit morceau est d'origine. Par exemple, dans sa forme originelle, de nombreuses abeilles (emblème des Barberini, famille du pape Urbain VIII qui a commandé cette fontaine) étaient disposées sur le rebord de la vasque.

 

 

 

Vierstroemebrunnen_Piazza_Navona_Rom.jpg La fontaine des 4 fleuves (Piazza Navona) :

Sans aucune doute la plus célèbre des fontaines du Bernin à Rome qui, avec celle du Maure, a définitivement transformé le paysage de la Piazza Navona et en a fait un des points d'attraction de la ville.

Aujourd'hui envahie de vendeurs en tout genre, caricaturistes, etc, cette place rectangulaire était à l'origine un stade antique, construit par l'empereur Domitien en l'an 86.

C'est le pape Innocent X qui décide d'y intégrer une fontaine et une obélisque à l'occasion de la réfection de la façade d'un palais appartenant à sa famille (Pamphili). C'est Alessandro Algardi, le sculpteur préféré du pape qui fait le premier projet en 1645-1647. Ce sera finalement le Bernin qui réalisera cette fontaine monumentale en 1651.

On y voit, soutenant l'obélisque, 4 personnages monumentaux représentant des grands fleuves : le Nil, le Danube, le Gange et le Rio della Plata. Le tout est agrémenté de nombreuses figures animales (chevaux, tortues, lions, dragon...), des cornes d'abondance ou végétaux.
La structure de l'ensemble oblige à tourner autour (ce qui est le principe même d'une oeuvre sculptée) et si l'on veut apprécier tous les détails de cette fontaine, on peut y passer beaucoup de temps.
Au sujet de la fontaine des 4 fleuves, je conseille de lire le passage qui lui est consacré ("ma plus grande folie au coeur de Rome") dans les Carnets secrets du Bernin de Loïc Aubry ... surprenant !

 

 

  La fontaine du Maure (Piazza Navona) :

rome_placenavone_fontaine_9988.jpg     Une fois la fontaine des 4 fleuves mise en place, il a semblé nécessaire à Innocent X  de songer à modifier la fontaine de Giacomo della Porta qui se trouvait au sud de la Piazza Navona depuis une centaine d'années.

Après un premier projet totalement invraisemblable, Bernin se résoud à un dessin beaucoup plus sobre, un homme nu debout sur un escargot de mer saisissant vigoureusement un poisson. Ce sont les caractéristiques physique du personnage central qui lui ont valu le nom de Fontaine du Maure.

 

     Voilà pour les principales fontaines réalisées par Gianlorenzo Bernini

pour la ville de Rome !


... à suivre ...

 


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Samedi 17 avril 2010 6 17 /04 /Avr /2010 11:02

bernini_theresa.jpg 

 

     Continuons notre petit voyage à travers l'oeuvre sculptée du Bernin... aujourd'hui les 2 plus célèbres représentations d'extase mystique de l'artiste :

L'extase de Ste Thérèse et la Bienheureuse Ludovica Albertoni.

 


Bernini---Ecstasy-of-St-Theresa-detail.jpg

L'Extase de Sainte Thérèse (1647-1652) - Rome - Sta Maria della Vittoria - Chapelle Cornaro :

Un petit rappel sur Ste Thérèse d'Avila : elle était religieuse carmélite. Elle a vécu au XVIe siècle en Espagne. Elle a souffert d'une santé fragile toute sa vie et c'est vers 43 ans qu'elle a vécu sa première "extase". Ses moments de visions mystiques durèrent 2 ans et demi jusqu'à ce que ses supérieurs lui ordonnent d'y résister.

Elle décrit ces moments dans son autobiographie... Je vous laisse juger


-->  "Je voyais dans ses mains une lame d'or, et au bout, il semblait y avoir une flamme.

Il me semblait l'enfoncer plusieurs fois dans mon cœur et atteindre mes entrailles : lorsqu'il le retirait, il me semblait les emporter avec lui, et me laissait toute embrasée d'un grand amour de Dieu.

La douleur était si grande qu'elle m'arrachait des soupirs, et la suavité que me donnait cette très grande douleur, était si excessive qu'on ne pouvait que désirer qu'elle se poursuive (...)

Ce n'est pas une douleur corporelle, mais spirituelle, même si le corps y participe un peu, et même très fort. C'est un échange d'amour si suave qui se passe entre l'âme et Dieu, que moi je supplie sa bonté de le révéler à ceux qui penseraient que je mens…"

 

Je crois que ce texte parle de lui-même ^^


399px-Estasi_di_Santa_Teresa.jpg      Revenons à nos moutons... Gian Lorenzo Bernini exécute pour le cardinal Federico Cornaro un ensemble monumental pour célébrer la récente canonisation de Ste Thérèse (1622). Il réalise une scénographie complète. Le groupe sculpté de l'Extase prend place au centre de la chapelle. Il prévoit un éclairage zénithal caché par le fronton de la structure architecturale entourant le groupe sculpté. La lumière se pose directement sur des rayons dorés qui descendent vers l'ange et la sainte.

Le sculpteur réalise également sur les côtés de la chapelle de fausses tribunes à laquelle prennent place des spectateurs de marbre, témoins directs du délire mystique de Ste Thérèse.

On notera bien évidement la délicatesse et l'expressivité du visage de la sainte, paupières mi-closes et bouche entr'ouverte... Le travail du vêtement est également très impressionant sur cette pièce. Les plis et les drapés se superposent et s'emmêlent, enveloppant le corps de Thérèse, le noyant sous leur abondance.

 

 

La bienheureuse Ludovica Albertoni (1671-1674) - Rome - San Francesco a Ripa - Chapelle Altieri :

tombeau-de-la-bienheureuse-ludovica-albertoni-par-le-bernin.jpg


Cette sculpture a été commandée au Bernin par le cardinal Albertoni à l'occasion de la béatification de Ludovica Albertoni en 1671 (morte en 1533).

Orpheline, mariée de force puis veuve à l'âge de l'32 ans, elle décida d'entrer dans les ordres. Elle était connue pour ses extases mystiques et ses lévitations ! Avant même d'être béatifiée par le pape Clément X, il y eut dès sa mort un réel culte autour de sa personne.


berniniLA001.jpg     20 ans après Ste Thérèse, Bernin se frotte une nouvelle fois à la représentation de l'extase. Les deux religieuses sont figurées de façon quasi-similaire. On retrouve la position de la tête et le développement à outrance des drapés.

Ici pourtant, contrairement à l'exemple précédent, aucun élément divin. La jeune religieuse est étendue sur un lit comme pourrait l'être n'importe quelle femme. Si ce n'étaient les vêtements qui évoquent sa condition, nous pourrions douter du côté "mystique" de son "extase" !

Cette sculpture prend place sur le tombeau de la dame dont les reliques ont été transférées dans l'église San Francesco a Ripa en 1674. C'est une des dernières oeuvres de l'artiste (mort en 1680 à l'âge de 82 ans)...

 

... à suivre

 


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Mercredi 7 avril 2010 3 07 /04 /Avr /2010 14:15

Bernin-autoportrait.jpg

 

Gian Lorenzo Bernini, aussi appelé le Cavalier Bernin,

est pour moi le plus grand sculpteur de tous les temps

(bien qu'il n'ait pas été que sculpteur mais aussi peintre et architecte) !


Voici donc un premier article pour présenter quelques unes de ses oeuvres... aujourd'hui les commandes du cardinal Borghèse


Né en 1598 à Naples, il devient très jeune un virtuose du ciseau et peu après l'arrivée à Rome de la famille Bernini, il se trouve au service du cardinal Scipion Borghèse qui lui commandera quelques unes de ses sculptures les plus célèbres.


bernini_450.jpg

 

     C'est parmi ces commandes que l'on trouve les sublimes Rapt de Proserpine (1622), David (1624) ou Apollon et Daphné (1625).

 

Ces trois oeuvres se trouvent aujourd'hui à la Villa Borghèse de Rome,

ancienne demeure du cardinal.


Apollon et Daphné : Daphné était une nymphe d'une grande beauté, fille du dieu fleuve Pénée. Pour se venger d'Apollon qui s'est moqué de lui, Cupidon lui décoche une flèche qui le rend fou amoureux de Daphné et il en décoche une à Daphné pour qu'Apollon ne lui inspire que dégoût. Alors qu'Apollon la poursuit, Daphné épuisée demande de l'aide à son père pour lui échapper et celui-ci la transforme en laurier. 

C'est le moment précis de la métamorphose de Daphné que le Bernin a choisi de représenter.


bernini-david1.jpg

David : Il s'agit bel et bien du David de David et Goliath... le même que celui si célèbre de Michel-Ange. Goliath était un géant philistin de près de 3m qui combattait l'armée d'Israël depuis plus de 40 jours lorsque David, qui était un simple berger, arma sa fronde et lui lança une pierre en plein front. Le géant s'effondra à terre et David l'acheva en le décapitant d'un coup d'épée. 

Le Bernin montre David au moment où, en plein effort, il s'apprête à lancer sa pierre. Sa fronde est armée et la pierre va surgir d'un moment à l'autre pour aller percuter la tête du géant. Les représentations sculptées de David se concentrent habituellement sur le moment  précédent (comme celui de Michel-Ange) ou après la mort de Goliath (comme celui de Donatello par exemple). Ici, c'est tout le baroque du Bernin qui s'exprime dans la tension des muscles, le mouvement dynamique de la figure, la torsion du corps sous l'effort...


cgfa_bernini3.jpgbernini proserpina3     L'Enlèvement de Proserpine :

Proserpine (Perséphone dans la mythologie grecque), fille de Cérès et de Jupiter est la déesse des saisons.

Lorsqu'elle fut enlevée par Pluton, le dieu des Enfers, un accord fut conclu avec Jupiter... Proserpine resterait 6 mois de l'année aux Enfers (ce qui correspond à l'automne et à l'hiver) puis 6 mois avec sa mère (le printemps et l'été) afin de ne pas provoquer famine et désolation.


L'Enlèvement de Proserpine est pour moi LA sculpture absolue ! Plus qu'une oeuvre d'art, c'est une présence... à la fois force brute et sauvage de Pluton et sensualité charnelle de Proserpine...

La main de Pluton s'enfonçant dans la cuisse de sa prisonnière pour l'empêcher de s'enfuir est d'un tel réalisme que le réél lui-même n'as plus de sens que pour justifier cette main de marbre. Techniquement c'est bien évidement une pièce exceptionnelle qui révèle parfaitement le paradoxe du marbre : une pierre dure, solide, et fragile à la fois... tout comme la tension exprimée par l'artiste dans cet enlèvement.

Cette sculpture fait partie de ces oeuvres que l'on ne se lasse pas d'observer, de détailler, on tourne autour et de nouveaux détails apparaissent sans cesse, éblouissants de justesse, caressant l'oeil plus sûrement qu'une main amoureuse...

 

... à suivre


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- ""Diventare francese", la naturalisation des génois en Provence (1620-1730)", La Haute vallée de l'Arc, bulletin de la SERHVA, n°124, octobre 2013

 

- "Sculpteurs-marbriers provençaux : les Veyrier et la carrière de Trets", dans Marbres de Rois, actes du colloque international tenu (Versailles 2003), Presses universitaires de Provence, 2013, pp. 81-90

 

- Atlantes & Cariatides, Editions Edilivre - collection Universitaire, 2012

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- "Sculpteurs et marbriers : les Veyrier et la carrière de Trets", Provence Historique, tome LX - fasc. 239, janvier mars 2010, pp. 67-79


- "Des berges de la Garonne à la construction du magasin des Marbres du Roi à Bordeaux", Bulletin monumental (chronique), n°169-1, 2011, p. 81


- "L'empreinte des archevêques sur Puyricard" (en collaboration avec Sophie Bergaglio) dans Sebastien AUBLANC & Sophie BERGAGLIO, Puyricard, images et histoires, Ed. des lilas, 2012, pp. 56-65

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