Comme tout sculpteur, Bernin a reçu de nombreuses commandes de bustes. Particuliers, papes et autres riches commanditaires ont rivalisé d'imagination pour convaincre l'artiste de les sculpter. Comme d'habitude, je ne peux pas présenter tous les bustes réalisés par le Bernin, ce serait trop long...
Après les collections Borghèse, les extases, fontaines et oeuvres présentes à St Pierre de Rome, une petite sélection de bustes de Gian Lorenzo Bernini :
Anima
beata et anima dannata (1619)
[Palazzo di Spagna, Rome]
Ces deux bustes ont été faits pour être présentés ensemble. Ils sont des images des tourments de l'âme humaine et de leur expression à travers la déformation des traits du visage.
Ils ont été réalisés pour Mgr Montoya, un prélat espagnol. Bernin a eu beaucoup plus de facilité à représenter la damnation éternelle que la béatitude. Le buste féminin semble plus fade que l'autre.
Pour la petite histoire, la légende veut que Bernin aurait utilisé son propre visage pour le buste masculin, déformé par la douleur qu'il se serait infligé lui-même en gardant sa main au-dessus d'une bougie allumée
Urbain VIII (1632)
[Palais Barberini / Musée des Beaux-Arts
d'Ottawa]
Maffeo Barberini, devenu le pape Urbain VIII, est un des mécènes préférés de Bernin.
Il en existe également deux versions en marbre, légèrement différentes. Ce portrait a eu tant du succès, si bien qu'un tirage en bronze a été réalisé à partir du modèle en terre cuite que l'artiste a gardé jusqu'à sa mort. Deux autres versions ont été réalisées en bronze également dans les années suivantes (aujourd'hui au musée du Vatican, au palais de Blenheim en Grande-Bretagne et au Louvre). Louis XIV était le propriétaire de l'exemplaire en bronze qui est aujourd'hui au Louvre.
Scipione Borghese (1632)
[St Pierre de Rome / Galerie Borghese]
Ce buste est sans doute la dernière commande d'Urbain VIII au sculpteur.
Cette pièce a une histoire particulière. Il a en effet été réalisé deux fois ! Alors qu'il était en train de sculpter le portrait du neveu du pape, Bernin se rend compte qu'une énorme veine du marbre barre le front du cardinal. Il fait alors venir discrètement un nouveau bloc de marbre et refait entièrement le buste en seulement 15 jours. Les deux bustes sont identiques jusque dans le moindre détail (excepté la veine au front).
Costanza Bonarelli (1637-1638)
[Bargello, Florence]
Costanza Bonarelli était la femme d'un assistant arrivé dans l'atelier du maître en 1636 et deviendra la maîtresse du grand sculpteur. Cette liaison se poursuit pendant quelques années, au vu et au su de tout le monde jusqu'en 1639 où elle provoque un scandale. Urbain VIII impose alors au Bernin de prendre une épouse respectable. Le buste doit alors disparaître et se retrouve à Florence dans la collection du grand duc de Toscane. Contrairement à tous les autres bustes, celui-ci est beaucoup plus familier (c'est d'ailleurs plus une tête qu'un buste à proprement parler).
Il se pourrait par ailleurs que Costanza ait été le modèle de la statue de la Charité présente sur le tombeau d'Urbain VIII, sculptée du temps de la liaison.
Louis XIV (1665)
[Château de Versailles]
Lors de son voyage à Paris, le Bernin, appelé par Louis XIV pour concevoir un projet architectural pour le Louvre, sculpte un portrait du roi. On connaît tous les détails de la réalisation du buste grâce au récit de Chantelou. L'artiste a alors 70 ans et y travaille jusqu'à l'épuisement, pensant qu'il s'agit peut-être de sa dernière oeuvre (alors qu'il vivra encore 12 ans !). Moins de 4 mois après la commande, le buste est livré, admiré, et le sculpteur repart à Rome sous des regards malveillants. En effet, Bernin se permet des critiques sur ce qu'il voit autour de lui et cela finit par agacer le roi qui le prie de régler ses dernières affaires en cours avant de repartir dans son pays.
Le projet monumental de restructuration du Louvre ne sera jamais réalisé.
...à suivre...












20 ans après Ste Thérèse, Bernin se frotte une nouvelle fois à la représentation de l'extase. Les deux religieuses sont
figurées de façon quasi-similaire. On retrouve la position de la tête et le développement à outrance des drapés.





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