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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 08:00

madame vous etesou "Quand enseigner devient un enfer... un prof témoigne"


Bon alors pour être claire d'entrée, je sais que je risque de pas me faire que des amis avec cette critique, mais j'assume !


J'espérais, en commençant ce livre, que pour une fois on allait éviter (vu que c'est une jeune prof qui écrit) les stéréotypes du genre, la stygmatisation des profs, la globalisation du ras-le-bol ou la diabolisation des élèves... non, bon, admettons.


Il est évident, à travers cette lecture mais aussi les rencontres, les discussions, expériences personnelles, etc, que le métier de prof est loin d'être évident. Tous les problèmes évoqués dans ce livre sont malheureusement une réalité. Jusque là nous sommes d'accord...

Charlotte Charpot parle beaucoup de la situation en Belgique (c'est un peu effrayant), beaucoup plus que de ce qu'elle a vécu durant ses premières années d'enseignement en France.


Je trouve dommage qu'au bout de quelques chapitres on tourne un peu en rond avec 3-4 idées de départ qui sont tournées et retournées dans tous les sens, du point de vue du prof français, du prof belge, des syndicats, etc :

- bouh je suis prof je suis mal payé je suis malheureux (c'est bien connu qu'il n'y a que les profs qui sont sous-payé par rapport à leur niveau d'études... parole de doctorante gagnant le SMIC quand elle a la chance de trouver un job)

- bouh les élèves ils sont méchants (bon là ok, c'est la partie la plus tendue du boulot de prof que de se retrouver devant des ados sauvages toute la journée)

- tout le monde est injuste avec nous et personne nous écoute (t'as lu Pierre et le loup ?)

- nos conditions de travail sont super dures et personne peut comprendre, pi c'est mieux dans le privé, ils ont de la chance EUX (c'est bien connu, l'herbe est toujours plus verte chez le voisin)

 

Bref, pour résumer, je trouve que ce livre manque un poil de recul. On sent parfaitement la souffrance de cette prof de français, tiraillée entre l'envie de bien faire son travail et les difficultés du terrain auxquelles elle est confrontée jour après jour sans y avoir été préparée, certaines idées sont intéressantes et mettent le doigt sur ce qui pose problème dans l'éducation aujourd'hui.

Cependant, pour celui ou celle qui n'a pas été confronté à des hordes d'ados ou de pré-ados en pleine rébellion, à la violence verbale et physique quotidienne ou à toutes ces choses qui font le quotidien de l'enseignant, pas suffisement d'exemples concrets. En gros, je pense que ce livre est écrit par une prof pour des profs (qui connaissent donc tout ce qui est décrit ici et n'ont pas besoin qu'on le leur explique).


Alors avant de me faire tabasser en règle, je voudrais juste apporter une nuance à quelques petites choses. J'y ai bossé dans l'Education Nationale, pendant plusieurs années (et principalement dans des établissements pas faciles faciles), et je vous assure que oui des profs qui trouvent encore du plaisir à exercer leur métier il y en a, que non ce ne sont pas des extra-terrestres, que oui ils ont à affronter des classes difficiles, la violence et tout le reste et que non ce n'est pas la seule solution que de s'asseoir sur une pierre et pleurer en espérant que ca va finir par passer et s'arranger tout seul !

Ah pi tiens au passage, malgré que je n'aie pas eu la "bonne" couleur de cheveux, la "bonne" tenue ou la "bonne" attitude bien sage et policée, ca ne m'a jamais empêché de bien faire mon job et je n'ai jamais eu de problème avec ca. J'ai eu de la chance ? peut-être... toujours est-il que des profs toutes de cuir vêtues arrivant sur un bolide à 2 roues, piercées et tatouées j'en ai vu, des profs aux vêtements colorés et évitant soigneusement le look vieille poussiéreuse acariâtre j'en ai vu aussi... alors par pitié, messieurs, mesdames les profs, le déguisement n'est pas obligatoire je vous assure ! Un peu de couleur égaiera vos matins chagrins 


Contrairement à ce que certains pensent (ou essaient de nous faire croire), on ne devient pas prof par dépit, enfin il me semble hein, ou parce qu'on ne sait pas faire autre chose. Charlotte Charpot insiste d'ailleurs plusieurs fois sur ce point et c'est une bonne chose ! Du coup, j'en profite pour citer un passage de ce livre qui résume parfaitement ma pensée et qu'il serait bon de rappeler à ceux se laissent entraîner au fond du gouffre, qui n'y arrivent plus mais qui insistent :


"Depuis quelques jours, je pense qu'il est singulier qu'aussi peu d'ensignants malheureux et mal payés songent à changer de branche d'activité. Ils se plaignent tous mais force est de constater une inertie générale qui ne leur donne pas la détermination d'appliquer leurs idées"

 

4e de couverture :

Jeune enseignante, Charlotte Charpot est parachutée pour sa première affectation dans la banlieue de Nîmes. Rien ne lui sera épargné : élèves insolents, caillassage de voiture et indifférence de leurs supérieurs. Après sa mutation à Bruxelles, les choses sont pires. La voilà plongée dans la réalité du "flexi-prof" qui enseigne aussi bien le français que l'histoire au milieu des insultes proférées par les élèves... ou les parents.
Derrière cet intinéraire malheureusement banalisé se cache la voix de centaines de professeurs en désarroi. Au-delà de ses désillusions personnelles, l'auteur dénonce la violence interne de l'Ecole : violence de l'abandon des enseignants par leur hiérarchie, violence verbale et physique des élèves, violence des réformes politiques mal adaptées...
Comment survivre dans de telles conditions ? 

 

Ma note : 2/5

 


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Published by livres-etc - dans Critiques en toc
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- Atlantes & Cariatides, Editions Edilivre - collection Universitaire, 2012

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- "Sculpteurs et marbriers : les Veyrier et la carrière de Trets", Provence Historique, tome LX - fasc. 239, janvier mars 2010, pp. 67-79


- "Des berges de la Garonne à la construction du magasin des Marbres du Roi à Bordeaux", Bulletin monumental (chronique), n°169-1, 2011, p. 81


- "L'empreinte des archevêques sur Puyricard" (en collaboration avec Sophie Bergaglio) dans Sebastien AUBLANC & Sophie BERGAGLIO, Puyricard, images et histoires, Ed. des lilas, 2012, pp. 56-65