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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 08:00

Orgon-29-06-03.jpgLe costume paysan

 

Quelle que soit la région, dès que l'on commence à parler de costume traditionnel, la plupart des gens pensent "déguisement", grand tablier et coiffe sur la tête à la Petite maison dans la prairie. 

En Provence comme ailleurs, c'est beaucoup plus complexe que cela !

 

Il y a différentes sortes de costumes correspondant tout d'abord aux différentes époques mais aussi et surtout aux différentes classes sociales.
Posons tout d'abord que le costume traditionnel provençal que l'on peut voir dans la plupart des groupes folkloriques sont des reproductions (ou des originaux pour les chanceux) de vêtements portés dans les années 1820.

 

Petit point rapide aujourd'hui sur le costume paysan. On va commencer tranquillement par la liste des "pièces" composant la tenue féminine. On ne trouve dans ce type de costume de tissus dits "riches" comme soies, tafetas, etc, ni riches dentelles. Comme son nom l'indique il s'agit des habits d'une population rurale travaillant principalement dans le domaine agricole donc : pas de fioriture !

 

pour le bas,DSCN0095-X.JPG

- chaussettes colorées, rayées ou unies

- panti rayé 

- jupon rayé

- jupe rayée le plus souvent

- tablier en tissu simple, assez grand pour avoir des poches (l'autre option c'est d'avoir des poches amovibles sous la jupe)

 

Pour le haut,

- chemise blanche à manches 3/4 sans ornements particuliers (pas de dentelles par exemples) avec au mieux les initiales brodées

- corsage lacé devant blanc ou en couleur

- fichu coloré

- coiffe à large bord, le plus souvent en piqué

 

On rajoute à tout ça un châle ou une cape pour l'hiver et/ou un chapeau de paille (jaune ou noire selon l'âge et le statut marital) pour s'abriter du chaud soleil d'été lors des travaux des champs, à porter sur la tête ou dans le dos

 

... à suivre...

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 08:00

robe-mariee-provence.jpgLes rituels liés au mariage sont différents selon les régions, les cultures, les époques...Je vais parler de ce que je connais : les traditions liées au mariage en Provence (ce que je connais c'est la Provence, pas le mariage ).

 

De nombreux rites à accomplir avant, pendant et après le mariage, devaient assurer aux époux le bonheur, la longue vie, la famille et tout le tralala qui va avec. En voici quelques-uns (on parle ici de rites qui avaient cours au XIXe siècle) :

 

- La demande : le prétendant devait aller faire sa demande avec un foulard qu'il offrait à la demoiselle. Si le dimanche suivant elle portait ce foulard c'était un oui et sinon... retour à la maison comme un pauvre malheureux ! Ensuite venait la demande officielle au père de la future épouse. Un cas particulier cependant : si les deux amoureux avaient mis la charrue avant les boeufs (et que la taille de la robe de mariée présageait d'être dure à prévoir si vous voyez ce que je veux dire), c'est la mère de la jeune fille qui devait aller rencontrer les parents du jeune homme pour faire la demande.

 

- Les fiançailles : les fiançailles en Provence ne duraient pas une éternité, deux à trois semaines tout au plus (c'est qu'une fois qu'on a le gâteau sous la main, on a envie de vite le croquer aussi).

 

- Avant la cérémonie :

  • Le sel : cette tradition là est connue dans beaucoup de régions... On glisse du sel dans la poche du futur marié et dans les chaussures de la future pour écarter le mauvais sort
  • Le verre d'eau et la pièce d'or : au moment de quitter la maison, le père de la mariée lui remettait un verre d'eau et une pièce d'or pour symboliser qu'une fois le seuil de la porte franchi elle ne serait plus à sa charge

- Le mariage :

  • Dominant / dominé : à l'église, au moment de s'agenouiller, petit règlement de compte entre époux ! Si le mari entendait faire la loi à la maison, il devait faire en sorte de poser un genou sur la robe de sa femme. Quant à elle, pour faire savoir à son nouvel époux qu'elle n'entendait pas se la laisser raconter, elle pliait le doigt lorsque le marié lui passait la bague.
  • Le bouquet à la Vierge : c'est au moment de la remise du bouquet à la Vierge par la mariée que l'époux lui nouait sa coiffe, signe qu'elle n'était plus un coeur à prendre

- Après la cérémonie : 

  • Clavier-Bis.jpgLe clavié : le clavié est une sorte de pince que les femmes mariées fixent à la  ceinture de leur jupe et de laquelle pendant des chaînettes où s'accrochent les clés du garde manger, ciseaux de couture, etc. A la sortie de l'église, le marié remet les clés de la maison à sa femme et la fixe au clavié de celle-ci.

  • Le blé : la nouvelle épouse lance du blé sur son mari pour assurer la prospérité à la famille qu'ils vont construire ensemble
  • Le bâton fleuri : symbole de passage par excellence, la barre fleurie, tenue par amis ou famille à une vingtaine de cm au-dessus du sol à la sortie de l'église devait être "sautée" par les mariés... sauter le pas quoi !
  • La poupée de la mariée : tradition arlésienne, la poupée de la mariée était offerte par la couturière qui avait cousu la robe. Cette poupée était habillée avec les chutes de tissu de la robe de mariée. Dans les autres endroits de Provence, on offrait le battoir à linge et la quenouille en osier
  • Le partage de la soupe : pendant le repas de noces, les mariés devaient manger la soupe dans la même assiettecenterTambourinaire.jpg
  • Les trois petits pains : la jeune épouse en offrait un à sa famille, un à ses amis et en gardait un pour elle, symbolisant par là qu'elle nourrirait d'abord les siens sans jamais fermer la porte à la famille et aux amis. Ce dernier morceau de pain devait être gardé précieusement car il protégeait d'une mésentente dans le couple.
  • L'aubade : le meilleur tambourinaire fait son aubade à la fin de repas de noces

- Les dates : en Provence, si l'on suit les traditions, on ne se marie pas en mai (en mai fait ce qu'il te plaît, apparement c'est pas l'idéal... bref), ni les dates comportant un 9 car "lou noù porto lou doù" ('le neuf porte le deuil).

Ah n'oublions pas de dire que les mariés ne doivent pas chanter de tout le jour de leur mariage (et là je ne sais pas pourquoi !)

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 08:00

Aujourd'hui un petit extrait d'un ouvrage intitulé "Les maladies du vieil Aix" , écrit en 1930 par Henri Dobler, un historiographe de l'ancienne cité parlementaire de Provence.

 

3247995043_42c854dcaa.jpgIl recense dans cet ouvrage tout ce qui, pour lui, "défigure" désormais sa ville sous la forme d'un manuel médical. On y trouve l'apparition de panneaux publicitaires et affiches qu'il nomme la "lèpre colorée", la multiplication des véhicules à moteur, les haut-parleurs diffusant de la musique et les sirènes d'usine (surnommées respectivement "pétomanie et grincette" et la "modernité aigue" !

 

 Un petit extrait qui risque de rappeler à certains d'entre vous les débats actuels sur les affiches publicitaires recouvrant les monuments de Venise ou de Paris depuis quelques temps (cf. Le scandale vénitien) :


"Pour une ville d'art, c'est une redoutable épreuve à subir, car elle n'épargne rien, la lèpre colorée, ni bâtiments officiels, ni églises, ni palais, ni rues, ni places où elle étale l'impudence de ses couleurs criardes aux plus extraordinaires endroits. Signalons, parmi les plus indécentes de ces pustules, les réclames d'un apéritif qui, peintes en lettres énormes sur fond rouge, s'emparent verticalement de façades entières et d'angles de maisons qu'elles déshonnorent à plaisir".

 

Ca ne vous rappelle rien ?

 

AIX-1930.jpgIl nous explique que "Depuis qu'Aix est devenue, ou plutôt essaye de devenir une ville d'eaux, une nouvelle maladie s'est abattue sur elle : la modernité aigüe" et propose des "remèdes" pour pallier à toutes ces nouveautés qu'il juge dérangeantes. Il s'en prend principalement aux véhicules à moteur et à leurs utilisateurs (préoccupation bien actuelle si l'on y songe)

Après avoir évoqué une proposition qui semble avoir été faite à la municipalité d'élargir les rues du centre ville, il nous expose SA solution :


"Pour les embouteillages, la défense de circuler en véhicule à moteur, dans un cercle de 800 m autour de la mairie donnerait toute satisfaction. On pourra alors laisser intactes nos vieilles rues et leurs amusants circuits. Cette interdiction d'aller en voiture dans le coeur de la vieille ville serait excellente pour la santé, forçant les gens à faire un peu de footing et les sans mon-auto à... nous foutre la paix.

On pourrait alors se promener, le nez en l'air, sans être exposé à se faire écraser ou étriper par les automobilistes. Les artistes, les poètes et les rêveurs auraient au moins un cercle d'un kilomètre environ où ils pourraient musarder et flâner sans trop de danger."

 

A vous de juger !

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 08:00

Au cours de mes recherches, je suis tombée par hasard sur un recueil de provençalismes corrigés pour les écoliers en français "raisonnable" après qu'un préfet local ait souligné au début du XIXe siècle que trop de mots en provençal étaient utilisés à l'école.

Vraisemblablement, des recueils de ce type se sont multipliés entre 1829 et 1880.

Si certaines expressions ne sont plus du tout utilisées aujourd'hui, le plus drôle reste les explications données pour apprendre à parler correctement le français, témoignage d'une lutte sans merci contre les régionalismes linguistiques. La Provence fut l'une des régions les plus résistantes dans ce domaine avec l'action de Frédéric Mistral et la création du félibrige (encore actif aujourd'hui).

C'est aussi en lisant ce genre d'ouvrage que l'on se rend compte que certains mots employés courament en Provence ne sont en fin de compte pas du tout français (je me suis fait avoir sur quelques uns j'avoue)

 

Petit extrait pour vous donner une idée de cet ouvrage intitulé "Les provencalismes corrigés" (de J.B. Reynier, 1870)

 

"J'ai envie de t'emplâtrer !

Dites : J'ai envie de te souffleter !

Emplâtrer n'est pas français et un bon emplâtre ne peut guère être donné que par un pharmacien"

 

"Malon, malonage, maloner

Dites : Carreau, carrelage, carreler (...)

Malon, malonage, ni maloner ne sont français, et moellon que l'on emploie quelquefois pour éviter ce provencalisme ne présente pas le même sens."

 

"Qué

Dites, selon les circonstances : Hé ! Hé bien ! Quoi ? Que dis-tu ?

Qué est un mot provençal dont on doit absolument s'abstenir en parlant français !"

 

"Votre enfant patouille dans le ruisseau

Dites : votre enfant patrouille dans le ruisseau.

Patouiller n'est pas français, mais un r de plus seulement fait ici toute la différence du provençal au français"

(J'émets ici une réserve...

patouiller et patrouiller ne veut pas dire du tout la même chose !)

 

Enfin, une qui m'a fait bien rire

"Cet homme est un cochon, cette femme est une cochonne

Dites : Cet homme est malpropre, cette femme est malpropre

Cochon comme adjectif n'est pas français, et cochonne par conséquent, qui serait le prétendu féminin de cet adjectif, encore moins"

Ouais... sauf que si c'est une cochonne, c'est une cochonne...

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 08:00

marche-noel.jpgNous sommes dans la semaine de Noël et pour rester dans l'air du temps, voilà un article sur les traditionnels marchés de Noël qui fleurissent dans de nombreuses villes.


Si ce n'est pas une tradition très ancienne en France, dans d'autres pays elle remonte au XVe siècle.

Les premières mentions d'un marché de ce type remonte à 1434 à Dresde. Il s'agissait alors du "Marché de Saint-Nicolas" qui a eu lieu le lundi précédent Noël.

Le plus célèbre en France reste sans aucun doute celui de Strasbourg, apparu plus d'un siècle plus tard en 1570.

Ce ne sera que dans les années 1990 que la tradition du marché de Noël se répandra plus largement, pour des raisons commerciales on ne peut plus évidente. On y trouve toutes sortes d'objets, la plupart du temps artisanaux et des produits du terroir.

 

 

foiresantons.jpgEn Provence toutefois, dès le lendemain de la Révolution française, on voit apparaître au mois de décembre les célèbres foires au santons, notamment à Marseille.

Les plus anciennes familles de santonniers y exposent toujours et permettent ainsi aux amoureux des santons de compléter leur collection. santons.jpgHormis les traditionnels santon de la crèche chrétienne,  on peut voir toutes sortes de représentations  des métiers d'antan, du boulanger au vitrier en passant par le meunier ou le rémouleur. Reste la place toute particulière du ravi de la crèche (sorte d'idiot du village si l'on veut) .


La période de Noël est aussi en Provence celle des pastorales. Ces pièces de théâtre mettent en scène la Nativité, dans une version assez modifiée pour coller aux traditions provençales. 

pastorale-maurel.jpgLes plus célèbres sont la pastorale Maurel en provençal et la pastorale Audibert en français. Ces représentations bien souvent humoristiques sont très nombreuses et les troupes les jouant tout autant.

Noël en Provence ne serait pas Noël sans les pastorales et les foires aux santons... une particularité régionale qui s'est peu à peu étendue à tout le territoire.


 

Un lien pour trouver un marché de Noël près de chez vous : Marchés de Noël 2010

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Mes publications...

 

- ""Diventare francese", la naturalisation des génois en Provence (1620-1730)", La Haute vallée de l'Arc, bulletin de la SERHVA, n°124, octobre 2013

 

- "Sculpteurs-marbriers provençaux : les Veyrier et la carrière de Trets", dans Marbres de Rois, actes du colloque international tenu (Versailles 2003), Presses universitaires de Provence, 2013, pp. 81-90

 

- Atlantes & Cariatides, Editions Edilivre - collection Universitaire, 2012

241073 LCU C14 3 - Copie

 

- "Sculpteurs et marbriers : les Veyrier et la carrière de Trets", Provence Historique, tome LX - fasc. 239, janvier mars 2010, pp. 67-79


- "Des berges de la Garonne à la construction du magasin des Marbres du Roi à Bordeaux", Bulletin monumental (chronique), n°169-1, 2011, p. 81


- "L'empreinte des archevêques sur Puyricard" (en collaboration avec Sophie Bergaglio) dans Sebastien AUBLANC & Sophie BERGAGLIO, Puyricard, images et histoires, Ed. des lilas, 2012, pp. 56-65